La ministre de l'Environnement, du Climat et du Développement durable, Carole Dieschbourg, et le ministre de l'Énergie, Claude Turmes, ont présenté le 27 février 2019 lors d'une conférence de presse commune les objectifs et les lignes directrices du projet de Plan climat et énergie qui definit les objectifs du Luxembourg en matière de réduction de CO2 renouvelables et d'efficacité énergétique à l'horizon 2030.

Le contexte international : agir plus vite et augmenter le niveau d'ambition !

L'accord de Paris adopté à l’unanimité le 12 décembre 2015 constitue le fondement de l'action climatique au niveau mondial. Au cœur de cet accord figure l'objectif de contenir le réchauffement climatique nettement en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C.

Le récent rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat - IPCC) illustre la taille du défi et l’urgence d’agir: seule une réduction de moitié d’ici 2030 (par rapport au niveau actuel) des émissions mondiales de gaz à effet de serre, suivie de la neutralité climatique en 2050, permettra de limiter le réchauffement global à 1,5°C.

Il y a désormais un large consensus scientifique et politique que les contributions actuelles, y compris celle de l’Union européenne (UE), sont insuffisantes et pointent vers un réchauffement global accéléré et irrémédiable, franchissant le seuil des 2°C dès 2060.

L’UE a d’ores et déjà pris un engagement politique de revoir à la hausse d’ici 2020 sa contribution à l’accord de Paris pour la prochaine décennie, et d’œuvrer pour un objectif d’émissions de gaz à effet de serre nettes nulles en 2050. Les États membres seront donc amenés à aller au-delà des objectifs de réduction des émissions fixés par le cadre législatif en place.

Cet engagement politique est motivé par le constat du GIEC que les objectifs de l’accord de Paris peuvent encore être respectés sous condition d’une action rapide, déterminée et conséquente dans tous les domaines. À cela s’ajoutent les nombreuses études relatives aux coûts de l’inaction, concluant que plus les gouvernements tardent, plus la charge économique sera lourde.

 

Les objectifs

L’amélioration de l’efficacité énergétique et la promotion des sources d’énergies renouvelables constituent les fondements de la politique climatique luxembourgeoise et de la transition énergétique.

- Un objectif responsable en matière de réduction de CO2

En matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, un objectif compris entre 50% et 55% en 2030 par rapport à 2005 est inscrit dans le projet de plan. Cet objectif concerne les secteurs non couverts par le système communautaire d’échange de quotas d’émission (EU ETS) et tient compte de l’objectif d’émissions "net zero" à l’horizon 2050.

Cet engagement est nécessaire car des études montrent que l’objectif de réduction actuel des émissions au niveau de l’UE, à savoir 40% à l’horizon 2030 devra être porté à 55% pour assurer la compatibilité avec l’accord de Paris.

L’objectif sera atteint par un renforcement des efforts en matière d’amélioration de l’efficacité énergétique et de promotion des énergies renouvelables.

- Une politique de réduction continue en matière des ventes de carburants

Sachant que les émissions de gaz à effet de serre sont à l’heure actuelle dominées pour deux tiers par le secteur des transports routiers, une baisse continuelle des ventes de carburants routiers sera incontournable. Conformément à ce qui est repris dans l’accord de coalition, "l’imposition des produits pétroliers (carburants et mazout) devra donc être adaptée dans le but d’atteindre les objectifs souscrits par le Luxembourg dans le cadre des accords de Paris". Les recettes supplémentaires engendrées par une hausse des accises sur le carburant seront affectées en grande partie au fonds climat et énergie et orientées vers le financement des alternatives.

La promotion renforcée des transports en commun et de la mobilité active contribuera également à limiter les émissions dans le domaine des transports, tout comme le futur cadre législatif communautaire fixant des normes de performance en matière d'émissions de CO2 pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers (compromis final retenant des réductions de 37,5% respectivement de 31% en 2030 par rapport à 2021) ainsi que pour les poids lourds (compromis final retenant une réduction de 30% en 2030 par rapport à 2020).

- Une nouvelle mobilité: favoriser les transports en commun et l’électrique

L’objectif du gouvernement d’initier une mobilité durable dans tous les domaines, avec une promotion renforcée des transports en commun, de la mobilité active et du développement de l’électromobilité, par des solutions comme entre autres le tramway, les transports en commun gratuits à partir de 2020 ou encore l’expansion nationale de l’infrastructure de charge, contribuera à atteindre l’objectif en matière d’efficacité énergétique.

Les nouvelles primes à l’électromobilité en vigueur depuis le 1er janvier 2019 soutiennent cette approche volontariste et ciblée.

En outre, conformément à ce qui est repris dans l’accord de coalition: "les actions entreprises au niveau des entreprises devront être intensifiées tout en mettant l’accent sur l’efficacité des mesures par rapport aux coûts".

 

Source : gouvernement.lu