Une question qui taraude autant le grand public que les constructeurs depuis des décennies. Cependant, comme Retour vers le Futur 2 de Robert Zemeckis ou les illustrations « En l’an 2000 » parues en 1900 l’ont bien montré, prédire les modes de vie de l’Homme de demain n’est pas chose aisée. Si certains designers préfèrent ne pas viser trop loin et dessinent avec une relative réussite des modèles dont les versions légèrement modifiées circulent quelques années plus tard, d’autres, plus optimistes, essayent d’anticiper ce qu’ils pensent être les changements majeurs de l’industrie automobile pour aider leur marque à négocier ces grands virages.

Dans cet esprit, voici donc les concepts cars les plus fous imaginés ces dix dernières années. Pour la plupart, vous ne les croiserez jamais sur les routes. Une petite partie a déjà connu ou pourrait bientôt connaître la chaine de production.

Quelques grandes tendances se dégagent de l’analyse de tous les prototypes vus pour préparer ce top :

- Utilisation de motorisations alternatives écologiques.

- Les roues. Leur nombre, leur placement, leur dissimulation voire leur absence. Elles accueillent des moteurs individuels dans de nombreux cas.

- Les véhicules autonomes massifs, confortables, modulables.

- Les supercars destinées à l’amusement, à la conduite sportive pour se divertir.

 

2007 : ASSYSTEM CITY CAR

Présenté pour la première fois au salon de Genève 2007, ce prototype français a plusieurs particularités en plus de sa forme. Ses roues sont disposées en losange, la roue avant tirant le véhicule en ville grâce à un moteur électrique (50 km/h max), tandis que la roue arrière propulse la City Car par un moteur à essence (130 km/h max). Cette structure permet aux roues directrices de tourner à 90°. La voiture est donc très maniable puisqu’elle tourne sur elle-même. Assystem a voulu sa voiture résolument écologique, utilisant du plastique et de l’aluminium recyclés pour la concevoir. Si elle peut faire sourire, la City Car prévoyait déjà une des grandes tendances d’aujourd’hui : le remplacement du pare-brise par un grand écran, couplé à des caméras extérieures pour afficher la route avec plus de contraste et d’autres informations utiles.

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2008 : RINSPEED SQUBA

L’année 2008 semble avoir été extrêmement productive pour les designers, à tel point qu’il a été difficile de faire un choix. C’est finalement la Rinspeed sQuba qui prend la première place. Inspirée de la Lotus Esprit de James Bond dans « L’espion qui m’aimait », la sQuba, peut se convertir en sous-marin jusqu’à 10 mètres de profondeur. De nombreux designs de voitures amphibies – qui flottent – existent, mais le combo voiture/sous-marin est original. 100% électrique et zéro-émission, elle n’atteint toutefois que 3 km/h sous l’eau. Etant donné que l’habitacle n’est pas fermé, les occupants disposent de respirateurs, comme des plongeurs. Ils peuvent également sortir du véhicule facilement en cas de problème, ce qui n’est pas possible avec des vitres classiques à cause de la pression de l’eau.

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Mentions plus qu’honorables pour la Bentley SenseS, la Peugeot Ozone, l’Airflow Glass Car, la voiture magnétique MAG et la japonaise Kassou, qui auraient pu remporter la palme à une autre date. Année chargée.

 

2009 : CADILLAC WORLD THORIUM FUEL (WTF)

Plus de 50 ans après la Ford Nucleon et pour son centième anniversaire, Cadillac a proposé symboliquement une voiture qui pouvait durer 100 ans sans remplacer son carburant : la bien nommée WTF, roulant avec 8 grammes de Thorium. Cet élément radioactif est abondant, a priori non-militarisable et efficace : il pourrait en théorie transmettre un surplus au réseau électrique via une route compatible. Le corps flexible et futuriste de la World Thorium Fuel est lui aussi pensé pour durer : chaque élément existe en exemplaires multiples pour ne pas devoir se rendre chez son garagiste si un venait à lâcher. Les 24 roues (4X6), par exemples, auraient juste besoin d’un ajustement tous les cinq ans. Seul bémol : la technologie est en réalité encore loin de pouvoir exploiter le Thorium de cette façon.

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Mentions honorables pour la Peugeot Metromorph, la Terrafugia et le (ou la) eRingo.

 

2010 : MERCEDES-BENZ BIOME

C’est pour le concours de design en marge du salon de l’automobile de Los Angeles que Mercedes a présenté ce concept utopique. Les consignes étaient de concevoir un coupé de quatre places, respectant au mieux la nature et pesant moins de 450 kg. Avec ses 394 kg, la Biome respecte les critères, elle qui roule également au BioNectar4534, un carburant imaginaire qui tire son énergie du soleil. Soleil qui aurait également permis à la voiture elle-même de « grandir » plutôt que d’être construite en usine. Elle est constituée de BioFibre, un matériau plus léger que le métal ou le plastique mais plus résistant que l’acier. Pour résumer, un ADN créé et breveté par Mercedes-Benz permettrait de « faire pousser » la Biome à partir d’une graine pour la carrosserie, d’une pour l’extérieur et de quatre pour les roues, carénées et intégrées au corps de la voiture. Le BioNectar4534 serait créé par la BioFibre et emmagasiné dans le matériau. Ce n’est pas tout car ce procédé permettrait de produire de l’oxygène, comme la photosynthèse. Enfin, la BioFibre serait entièrement recyclable une fois la voiture en fin de vie.

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Mention honorable au VW Aqua Curvy Hovercraft.

 

2011 : SMART 341 PARKOUR

La Smart du futur promet d’être encore plus facile à garer que celle d’aujourd’hui puisqu’elle peut s’insérer à la verticale dans les espaces les plus exigus. Cette fonction est permise par les roues polyvalentes, qui font aussi fonction de propulseurs quand la voiture est en mode vol, ou de ventouse quand elle escalade les murs. Un véhicule individuel tout-terrain pour affronter la ville du futur. Comme de nombreux concept-cars électriques, la 341 Parkour embarque un moteur par roue, en l’occurrence quatre moteurs à pile à combustible indépendants.

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2012 : MCLAREN JETSET

Répondant à un concours lancé par McLaren avec pour instructions de créer une supercar minimaliste et compacte, pensée pour le futur mais respectant les valeurs traditionnelles de la marque, Marianna Merenmies a présenté la JetSet. Monoplace, entièrement électrique et faite de fibre de carbone, tout dans cette McLaren est pensé pour l’aérodynamisme et le confort du pilote. Si l’avant n’a rien de révolutionnaire, l’arrière, avec ses roues couvertes, est certainement innovant. En 2012, des responsables chez McLaren déclaraient que ce modèle pourrait servir d’inspiration pour des voitures à venir avant la fin de la décennie. Ce qui leur laisse deux ans pour impressionner.

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Mention honorable pour le concept de CityCar par le MIT.

 

2013 : PARATON-E

Encore un véhicule monoplace et modulable. Paraton-e, imaginé par Frederik Dallmeyer, est écologique et pratique, naviguant à la frontière entre voiture et moto. La structure, capable de se modifier en mouvement, fait changer l’emplacement des roues et la position du conducteur, notamment, ce qui permet de slalomer dans le trafic urbain ou de prendre une position plus confortable pour les vitesses plus grandes permises par les routes en-dehors des centres-villes. L’ensemble serait conçu en différents matériaux flexibles révolutionnaires. Cet ersatz de batmobile se fait toutefois très discret depuis sa présentation initiale sous forme de maquette.

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Mention honorable pour Toyota et Nissan avec leurs modèles respectifs iRoad et Bladeglider. N’oublions pas non plus l’Hyperloop d’Elon Musk, hors catégorie.

 

2014 : FOMM CONCEPT ONE

Dans la famille des voitures flottantes, celle-ci est née d’une tragédie : le tsunami de 2011. Contrairement à d’autres qui visent la circulation sur l’eau comme un loisir, la Concept One ne flotterait que temporairement, le temps pour ses propriétaires de se sortir d’une situation d’urgence. Cette quatre-places, une des plus petites du monde, roule grâce à deux moteurs électriques placés dans les roues avant à une vitesse maximale de 50 km/h et sur une distance de 100 km. La version commercialisée pourrait être équipée de quatre roues motrices pour améliorer sa circulation sur l’eau. Nous en saurons plus à la fin de l’année. La genèse de l’idée à elle seule lui vaut cette place dans le top.

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Mention plus qu’honorable à la Chevrolet Chaparral 2X Vision Gran Turismo.

 

2015 : BOMBARDIER KORBIYOR

Petite entorse de notre part. Bombardier a imaginé le corbillard du futur afin d’effectuer ses derniers déplacements dans le confort. Autonome ou piloté à distance, le Korbiyor pourrait se déplacer facilement dans toutes les directions grâce à ses roues mecanum et adapter sa hauteur, lui permettant de rentrer dans les églises sans rien endommager. Son intérieur transparent réfrigéré permettrait de montrer le corps, maintenu en bon état. Les options comprendraient notamment un projecteur pour des photos ou vidéos souvenirs et un système stéréo pour animer la cérémonie.

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2016 : UNITED NUDE LO RES CAR

Le principe du Lo Res Project des designers d’United Nude est simple : diminuer la résolution d’un modèle 3D jusqu’à obtenir son expression la plus basique. Ici, le modèle de base est une Lamborghini Countach. Le nouveau véhicule obtenu peut accueillir deux personnes, le passager se tenant derrière le conducteur. Afin de leur permettre d’entrer et sortir, l’entièreté de la carrosserie se soulève. Le moteur électrique de la Lo Res Car lui permet d’atteindre la vitesse maximale de 50 km/h. Le prototype est exposé mais la firme n’exclut pas d’en produire une quantité limitée à destination de collectionneurs.

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2017 : AIRBUS POP UP

Fruit de la collaboration entre Airbus et Italdesign, ce véhicule électrique devrait disposer de ce qui est recherché par de nombreux constructeurs depuis des années : le décollage vertical. Constitué de trois parties différentes – la capsule pouvant accueillir deux passagers, un module « air » et un module « sol » – le Pop.Up est plutôt un service de transport autonome qu’une voiture personnelle. Concrètement, ce service modulable ressemble à une petite voiture citadine, sur laquelle un drone géant peut venir se greffer afin d’emporter la cabine, laissant les roues et le châssis en fibre de carbone au sol. Le passager pourra communiquer sa destination ou ses envies à son taxi autonome grâce à une interface virtuelle.

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Florent Ducat

Cet article a déjà fait l'objet d'une publication dans Urban BEAST #10 / www.beastmagazine.lu