La catastrophe va avoir des conséquences sur un domaine inattendu : les coloris. Une usine située à proximité d'une des centrales nucléaires endommagées dans le nord du Japon fournit, en effet, un pigment spécial. L’affectation des coloris tient à la production de pigments Xirallic qui donnent des effets irisés aux teintes. Chrysler a indiqué qu'il restreignait temporairement les commandes de véhicules dans 10 coloris. Ford a également demandé à ses concessionnaires de suspendre les commandes de véhicules en noir “tuxedo” et trois teintes de rouge. Toyota a dit être aussi touché par la pénurie de Xirallic.Ce pigment, inventé par le géant chimique et pharmaceutique allemand Merck, est issu de particules synthétiques d’oxyde d’Alumine (Al2O3) et d’un processus spécial de cristallisation. Une des usines de Merck se situe à Onahama, dans la zone d'exclusion autour la désormais tristement célèbre centrale de Fukushima en proie à des incidents majeurs.En supposant qu’elle puisse être accessible et redémarrer, un porte-parole de Merck a déclaré que la production pourrait reprendre sous quatre à huit semaines.Pénurie de composants En ce qui concerne les pièces, il apparaît qu’au-delà des pièces automobiles elles-mêmes, l’industrie pâtit de la mise à mal des usines de fabricants de composants de base. Le ministre français de l’Industrie, Eric Besson, a confirmé que le drame japonais va affecter de façon importante les composants électroniques. D’une part, l’industrie en est forte consommatrice. D’autre part, nombre de fournisseurs japonais, Renesas, Toshiba, Sanyo, Fujitsu, NEC, Seiko Instruments, Hitachi et Panasonic, pour ne citer que les plus connus, ont des unités de production endommagées. Le 28 mars, le PDG de Renesas Electronics, le plus gros fabricant mondial de microprocesseurs automobiles (22 % du marché) a officiellement reconnu que 5 usines de fabrication de semi-conducteurs et usines d’assemblage et de tests ont dû suspendre leur production. L’une de ses usines principales, Naka, a été durement touchée et ne devrait pas retrouver son plein niveau opérationnel avant juillet. Même si les redémarrages des unités électroniques ne sont pas techniquement très compliqués, ils sont rendus délicats par les pénuries et coupures d’électricité qui peuvent endommager un composant ou altérer sa qualité. La remise en état des chaînes de fabrication de puces est encore plus problématique. Les dommages causés aux routes et aux infrastructures ajoutent des complications d’ordre logistique aux difficultés de production.Pour informer au mieux les entreprises de l’évolution de la situation, le ministre a indiqué qu’un “Observatoire des composants électroniques” va être mis en place d’ici à quinze jours. Avril décisif D’une manière générale, c’est à partir d’avril que les usines vont pouvoir faire état de leur capacité à reprendre leur fabrication et, surtout, des délais et c'est à partir de cet état des lieux que les constructeurs vont devoir resituer et réviser leurs sources d'approvisionnements. Michael Robinet, prévisionniste à l’institut IHS Automotive, a déclaré qu'une perturbation prolongée des fournitures de composants japonais pourrait réduire la production mondiale de véhicules de 15 % à 35 % à partir de la mi-avril, soit jusqu’à 100 000 véhicules de moins par jour par rapport au rythme normal de 280 000 à 300 000. L’association de producteurs japonais évalue que la production automobile japonaise devrait chuter de 50 % au mois de mars par rapport aux 910 000 unités de mars 2010. La perte de production pourrait être de 600 000 véhicules dans le monde pour le même mois. (argusauto)


