Sebastian Vettel a remporté le Grand Prix d'Abou Dhabi et par la même occasion le Championnat du monde de F1. C'est le plus jeune Champion de l'histoire.

Sebastian Vettel, 23 ans et 134 jours, s'est imposé devant le Britannique Lewis Hamilton (McLaren) alors que l'Espagnol Fernando Alonso (Ferrari) et l'Australien Mark Webber (Red Bull) devaient se contenter respectivement de la 7e et 8e place.Grâce aux 25 points de sa victoire, Vettel, en pleurs dans son cockpit pendant son tour d'honneur, compte 256 unités. Il devance de 4 longueurs l'Espagnol Fernando Alonso, surprenant 7e de la course. Vettel, auteur d'une course irréprochable, a été grandement aidé par la monumentale erreur de stratégie de Ferrari, qui, à trop vouloir marquer Mark Webber - le dauphin au classement de l'Espagnol avant la course - à la culotte, a commis la même bourde que l'Australien. Red Bull a en effet choisi de faire rentrer Webber précocement aux stands, dès le 12e tour, alors que la course avait déjà été précédemment neutralisée après une collision entre Michael Schumacher (Mercedes) et Vitantonio Liuzzi (Force India) dès la 1ère boucle (lire par ailleurs). L'Australien, après son changement de pneus, s'est retrouvé coincé quelques tours derrière l'Espagnol Jaime Alguersuari, alors 15e. Ce qui n'a pas dissuadé Ferrari de rappeler très vite Felipe Massa puis Fernando Alonso, les deux hommes se retrouvant à leur tour englués dans le peloton. Pendant ce temps, Vettel menait l'épreuve tambour battant, à peine titillé par Lewis Hamilton, lui même suivi par son partenaire Jenson Button. Le champion déchu, auteur d'un excellent départ, avait déjà dépasser Alonso à l'entame. Les trois hommes termineront la course dans cet ordre. 

Sebastian Vettel, scruté comme un diamant brut dans le paddock, a justifié sa réputation de surdoué en étant sacré plus jeune champion du monde de l'histoire de la Formule 1 dimanche à Abou Dhabi pour sa troisième saison dans la discipline, malgré moults avaries mécaniques.

A 23 ans, 4 mois et 11 jours, l'Allemand dépasse le Britannique Lewis Hamilton, sacré en 2008 à l'âge de 23 ans, 10 mois et 26 jours, qui avait lui-même pris le record de l'Espagnol Fernando Alonso, couronné en 2005 à 24 ans, 1 mois et 27 jours.

Rien d'étonnant de la part d'un jeune homme né en 1987 à Heppenheim, près du circuit de F1 d'Hockenheim, qui a tout raflé plus tôt que ses adversaires. Après ses débuts tardifs en karting, à l'âge de huit ans contre 2 pour Fernando Alonso, Vettel n'a plus jamais été pris en défaut.

Troisième pour sa première saison de Formule BMW Allemagne (2003), il remporte 18 des 20 courses auxquelles il participe l'année suivante, montant sur le podium de toutes les manches et marquant 388 points sur 400 possible.

"Il est le meilleur pilote ayant jamais roulé en Formule BMW, celui qui a connu le plus de succès", commente Mario Theissen, l'ex-patron de l'écurie BMW Sauber, qui l'a encadré dans ses jeunes années.

Vettel effectue un premier test en Formule 1 alors qu'il n'a que 18 ans. Nommé troisième pilote de BMW Sauber en 2006, il remplace l'année suivante Robert Kubica à Indianapolis, le Polonais s'étant blessé à Montréal, et devient le plus jeune pilote à inscrire un point pour son premier Grand Prix.

Passé chez Toro Rosso mi-2007, il bat un nouveau record de précocité au Japon, en étant le plus jeune à mener une course. Avant de s'accidenter dans Mark Webber, son actuel coéquipier chez Red Bull. En 2008, il s'adjuge la pole puis la victoire les plus précoces de l'histoire de la F1 au GP d'Italie.

"La rage des champions"

"C'est un gars qui veut gagner, rien d'autre. L'argent, la presse, le glamour ne l'intéressent pas. Il veut juste la victoire. Il a ça en lui, la rage des champions. C'est ce qui le rend différent", explique alors Eduard Castillo, un mécanicien de Toro Rosso au quotidien espagnol la Vanguardia.

En 2009, Vettel, surnommé "Seb" ou "Vitello" (le veau) dans la petite écurie italienne, part chez Red Bull, l'équipe-mère de Toro Rosso. Il met trois courses à remporter la première victoire de l'histoire de Red Bull. Mais termine 2e du Championnat derrière Jenson Button (Brawn GP).

Cette année, l'Allemand aux blondes boucles d'adolescent veut prendre sa revanche. Désigné favori du Championnat, il ne réalise pourtant "pas la saison la plus simple", puisqu'enchaînant "les hauts" stratosphériques et "les bas" abyssaux, selon ses propres dires.

Il impressionne en qualifications, ravissant 10 pole positions en 19 courses. Mais sa Red Bull le lâche à plusieurs reprises. Et il part plusieurs fois à la faute, dont une dans son coéquipier Mark Webber (à Istanbul), avec qui les relations sont orageuses. La seule ombre à son tableau.

Décrit par Eduard Castillo comme quelqu'un de "simple, humble comme ses parents, des gens modestes", de "très marrant", ce "spécialiste de l'avion manqué", dixit l'Espagnol, habitué à faire rire ses interlocuteurs, journalistes inclus, a ébréché son image dans sa rivalité avec l'Australien.

Qu'importe, Vettel, à l'ambition désormais affirmée, est champion. Plus tôt que tout le monde. Et il ne compte pas s'arrêter là.

Le septuple champion du monde Michael Schumacher (Mercedes) a terminé le Grand Prix d'Abou Dhabi de Formule 1, dernière épreuve de l'année, sur un tête-à-queue, à l'image de sa saison 2010 ratée, qui l'a conduit à abandonner au 1er tour de course.

Parti devant son coéquipier Nico Rosberg, qui l'attaquait dès les premiers virages, Schumacher est vraisemblablement parti à la faute tout seul en essayant de lui résister. Schumacher, 41 ans, pointe actuellement à la 9e place au classement général du Championnat du monde avec 72 points, un rang qu'il devrait garder au terme de la course. Pour son retour en compétition, après trois années de retraite sportive, "Schumi", détenteur entre autres du record de victoires (91 Grands Prix), a eu pour meilleur résultat deux 4e places à Barcelone et Istanbul